La Gudenå, le vent et les vagues

Samedi 10 août 2024. Silkeborg, Danemark. Un petit parking en ville, devant la Gudenå, la plus longue rivière du Danemark, sera notre point de départ pour un long parcours en canoë.

La Gudenaa, la rivière à canoë du Danemark

13 km avec une équipe, étape à mi-chemin, puis 14 km avec une seconde équipe. Le canoë n’a que 3 places et il faut un adulte pour faire avancer le camping-car entre chaque étape. Un petit ponton permet d’embarquer. La Gudenå est réputée pour le canoë et aménagée tout du long avec des zones de débarquement et de camping.

Mais je suis inquiète tout de même car il y a beaucoup de vent. Un coup d’œil depuis le ponton, je compte 3 canoës en train de descendre. Une femme bien équipée et qui a l’air habituée. Toutes les maisons le long de la rivière ont des pontons. Et une équipe de jeunes qui ont plutôt l’air de touristes. Ça me rassure. Je propose de faire le premier tronçon avec Capucine et Lison.

Gonflage avec assistance

Nous sortons le canoë sur une petite place qui semble prévue à cet effet et commençons le gonflage. Sur un banc, un homme dort assis, juste en face de nous. Il manque de piquer du nez à plusieurs reprises, j’ai peur pour lui. Quand il se réveille enfin, il commence à nous donner des conseils. « Il ne fonctionne pas votre gonfleurs ! Là bas il y a une station pour gonfler les canoë. Vous pouvez aussi acheter un gonfleur dans ce magasin… » C’est vrai qu’on a un problème avec notre gonfleur. Son démontage confirme que les joints sont cassés. Replacés, il fonctionne mieux mais il faut pomper délicatement. L’homme se lève et nous montre comment faire. Nous rigolons bien. Il parle un mauvais anglais, il est gentil mais on a du mal à se comprendre.

Départ Silkeborg en canoë

Difficulté vent

Quand on embarque enfin, c’est une autre histoire. Nous devons composer avec ce vent de travers et les petites vagues qui se forment. Ici la Gudenaa est très large et forme un petit lac. Capucine dirige très bien l’embarcation, je rame et Lison trépigne de n’avoir rien à faire. Nous n’avons que deux rames. Il faut garder le cap car le vent nous fait tourner parallèlement aux vagues. Moi je ne suis pas du tout rassurée. Capucine et Lison prennent la difficulté à la légère et la situation les fait beaucoup rire.

C’est dans un joyeux bazar que notre équipage avance tant mieux que mal et sort progressivement de la ville en longeant les habitations  jusqu’à un grand pont routier après lequel le lac fait un goulot vers la droite et redevient une rivière. À cet endroit, ça souffle vraiment beaucoup vers la gauche, vers une petite plage où nous accostons sans avoir trop le choix. Finalement tant mieux, ça nous laisse le temps d’analyser la situation et d’aviser. J’avance à pieds sur la piste cyclable qui longe la rivière pour tenter d’évaluer s’il est possible d’aller plus loin. Franchement oui, une fois le goulot un peu compliqué à passer, la rivière est plus étroite et il n’y a plus de vagues. Je propose cela aux filles. Lison est partante, toujours partante. Capucine est frigorifiée, elle préfère arrêter. OK, j’appelle Pierre qu’il vienne nous chercher. Lui est partant pour finir le trajet avec Lison, ils prennent la suite vers Sminge.

Sminge, spot bivouac pour canoë sur la Gudenå

Avec Solène et Capucine je récupère donc le camping-car et nous allons les attendre à l’arrivée, un espace de camping libre et équipé pour les canoë à 10 kilomètres de là. L’endroit est très agréable. Capucine cuisine le repas du soir (toujours la même chose, encore un chili con carne) pendant que je fais le pain (pour changer, j’y ajoute une poignée de poivrons et quelques cubes de fromages).

En même temps, je guette la géo-localisation de Pierre et Lison pour aller les accueillir à leur arrivée. « C’était très facile, Lison n’a pagayé qu’au début et à la fin pour la photo ! » me racontent-il tout fiers. Tant mieux, cela signifie que demain nous pourrons faire la seconde partie du trajet avec Solène qui trépigne en attendant son tour. Le canoë est calé contre le camping-car pour la nuit. Le Chili con carne de Capucine est prêt. Nous pouvons nous rassembler pour nous raconter nos aventures.

Dimanche 11 août 2024. Sminge, Danemark. Le pain au fromage-poivrons embaume le petit-déjeuner. Il est délicieux. Avec Solène nous nous préparons de bonne heure, il fait beau et un peu chaud, le vent de la veille est toujours un peu là. Capucine nous rejoins finalement après sa sieste du matin.

La Gudenå en canoë, de Sminge à Kongensbro

Et c’est parti pour un autre bout de 13 km sur la rivière Gudenå. L’ambiance est bien plus apaisée. Capucine guide, je rame et Solène parle. La rivière est longée par une épaisse mégaforbiaie, une zone de roseaux et de plantes aquatiques, un habitat précieux pour nombre d’oiseaux, de poissons,… Depuis notre canot, on ne voit que des demoiselles, plein de demoiselles tout du long, mais on entend aussi des piaillements d’oiseaux, ça grouille là dedans.

Le trajet est assez homogène, un peu venteux quand il n’y a pas de grand arbres pour nous protéger. Plusieurs jolies maisons en chemin. Un héron et quelques cygnes. Nous parcourons assez rapidement le trajet et retrouvons Pierre et Lison sur un autre terrain de camping libre aménagé, à Kongensbro. Le canoë est laissé à sécher dehors. Pierre nous a préparé une délicieuse omelette aux champignons. 

Les rivières à canoë

La Gudenå est une rivière simple et facile à parcourir en canoë en famille. En plein été il n’y avait pas foule.

La Sella, en Espagne dans la région des Asturies, est un temple du canoë. Trop célèbre pour ça d’ailleurs, nous nous sommes pagayés les uns sur les autres.

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